Agences MACIF : des conditions de travail toujours plus dégradées

Déclaration des élus CGT en CSSCT 

Au regard des derniers résultats du baromètre social 2024, du suivi des AT/MP et des derniers relevés d’incivilités (AGAT) nous ne pouvons que constater une situation extrêmement préoccupante.

Concernant les incivilités pour les mois de janvier à avril 2025, comparés à ceux de la mêmepériode en 2024, les chiffres parlent d’eux même :

+74 % d’agressions verbales,

+36 % d’incivilités, 8 agressions physiques recensées en 2025.

Vous évoquez peut-être une meilleure appropriation de l’outil d’incivilité par les salariés, ce qui impliquerait qu’auparavant, même les agressions graves n’étaient pas signalées ?Sommes-nous encore aujourd’hui en dessous de la réalité ?

C’est une hypothèse profondément inquiétante.

Nous recevons des déclarations anonymisées, y compris pour des agressions physiques —parfois sans indication du lieu. Cela entrave le travail des élus pourtant soumis à un devoir de discrétion.

Nous vous rappelons que nous devons pouvoir déclencher des enquêtes pourdes accidents du travail graves mais comment le faire sans connaître le lieu de travail ?

Nous posons une question simple : que devient l’agresseur ?

Le DDP (Défaut De Probité) devrait être inscrit au DUERP. Par le passé, vous aviez indiquéque dans les cas graves, la Macif procéderait à une radiation unilatérale, en recommandé, sans attendre l’échéance.

Qu’en est-il aujourd’hui des propos racistes, menaces de mort ouautres violences verbales ? Trop souvent, aucune suite n’est apportée, et nous devons nouscontenter d’un simple signalement oral.

Lors de la CSSCT de juin 2024, vous avez afirmé « ne pas penser pouvoir aller plus loin enmatière de reporting et de suivi ».

Faut-il en conclure que la sécurité des salariés n’est pas une priorité, faute de budget ou de volonté ?

Un exemple : En Avril à Montigny et Guy Môquet, certains sociétaires agressifs reviennent àleur guise pour « se défouler », sans aucune restriction. Un sociétaire est même signalé pour 12 visites…

Qu’attendez-vous pour agir ?

Fonctionnement des CSSCT : insuffisant

La plupart des déclarations d’incivilités arrivent avec 1 à 2 mois de retard. Ces sujets ne sont abordés que lors de réunions CSSCT écourtées, limitées à une demi-journée. Trois réunions par an pour traiter l’ensemble des agences, ce n’est ni sérieux ni sufisant.

Une situation alarmante

Nous sommes effarés par la hausse de la violence, Inquiets face à la pauvreté des réponses apportées et alarmés par certaines décisions de la direction qui aggravent encore lesrisques :

Salariés isolés en PAP, sans renfort,

– Plannings de rendez-vous saturés,

– Objectifs commerciaux déconnectés du terrain,

– Managers privés d’autonomie pour ajuster les efectifs.

Ces facteurs aggravants n’apparaissent pas dans les relevés d’incivilités, biaisant l’analyse. Dans ce contexte, les projets de réorganisation de l’activité téléphonique (hybridation des agences) nous font redouter le pire.

Conditions de travail dégradées

– Suppression de la fonction sinistre en agence,

– Hausse des objectifs,

– Tâches multipliées,

– Interruptions permanentes,

– Ergonomie dégradée.

La crise économique, marquée par l’inflation, les licenciements et les tensions sociales, pèse sur les sociétaires.

Refus de sinistre ou de remise, reste à charge élevé… Tout cela génère des tensions dans les agences.

De plus, la désorganisation chronique empire la situation :

Sous-efectifs,

– Recrutements précipités d’intérimaires

– Salariés surchargés et impuissants face à la demande.

Certains sites sont devenus indignes :

– PC 15 pouces dans des alcôves sans lumière,- Problèmes de dos, fatigue visuelle,

– Équipements inadaptés aux échanges avec les sociétaires.

Résultat : la CGT est interpellée par des collègues épuisés, démoralisés, qui se sentent seuls face à la violence, sans soutien ni reconnaissance.

Les revendications de la CGT

Face à cette situation, la CGT formule les demandes suivantes :

1. Suppression de l’obligation de badge nominatif visible, pour prévenir les menaces sur les réseaux sociaux.
2. Cartographie des agences à risque, pour cibler les mesures de prévention.
3. Kakemono ou visuels anti-agression dans toutes les agences.
4. Ouverture d’une enquête conjointe avec les élus pour chaque agression physique oumenace.
5. Transparence sur les suites données aux agresseurs : application du D.D.P. pour les casgraves.
6. Adaptation des plages de rendez-vous, laissée à la main des conseillers.
7. Consignes claires aux managers pour limiter les appels simultanés.
8. Présence constante d’un conseiller dédié à l’accueil du flux spontané.
9. Installation de portiques de sécurité dans les agences sensibles.
10. Formation présentielle à la gestion des incivilités, pour tous les salariés et intérimaires.
11. Amélioration de l’ergonomie des postes de travail : écrans, chaises, éclairage.
12. Aucun salarié ne doit être seul en réception de public.
13. Efectifs adaptés aux aléas (absences, maladies, etc.).—Rappel des obligations légales

Nous exigeons également le respect des obligations légales suivantes :

Article L.411-1 du Code de la Sécurité Sociale : déclaration systématique des agressionscomme accidents du travail

.Article R.4543-19 du Code du travail : protection des travailleurs isolés.

Article L.4121-1 : obligation de résultat en matière de santé et sécurité au travail.

Ces sujets sont urgents.Ils nécessitent des échanges approfondis et des plans d’action concrets, à la hauteur des enjeux humains.
Nous espérons que cette déclaration servira de base pour une discussion sérieuse, avec pour objectif le rétablissement de conditions de travail dignespour tous

 

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