Point politique sociale : l’inquiétude des élus CGT

Déclaration  des élus CGT au CSE 

À la lecture de ces différents bilans, un constat saute aux yeux.

Derrière les analyses de la Direction, toujours rassurantes et positives, les indicateurs sociaux continuent pourtant de se dégrader d’année en année.

Comment la Direction peut-elle rester sourde et aveugle face à ces signaux d’alertes préoccupants ?
Concernant la santé et la sécurité, comment ne pas s’alarmer face à la hausse du nombre des accidents du travail, des déclarations de maladie professionnelle, des accidents de trajet et des incivilités ?
La Direction répond que les arrêts sont moins longs suite à un accident du travail.

Mais ce raisonnement est inacceptable. Depuis quand un accident du travail serait-il moins grave sous prétexte que l’arrêt est moins conséquent ?
Non, derrière ces chiffres, la réalité est toute autre.

Les collègues subissent des agressions verbales et physiques, des chocs émotionnels, du harcèlement moral ou sexuel, du stress liés aux conditions de travail : charge de travail, organisation, injonctions contradictoires, qualité empêchée,conflits éthiques et faible reconnaissance.

Concernant le Papripact, celui-ci découle directement du DUERP et de l’évaluation des risques réalisée mais il ne nous a jamais été présenté lors dela mise à jour du DUERP en janvier 2026 !

En date du 26 mars 2026, la Direction a réuni la CSSCT du CSEC avec commeordre du jour : échanges sur le papripact MACIF.
Comment était-ce possible d’avoir des échanges sur un document non présenté puisqu’il le fut lors de la CPS SAM les 4 et 5 mai ?
Depuis de nombreuses années, la CGT ne cesse de vous faire le constat de la sous évaluation des risques identifiés dans le DUERP, ce qui engendre doncdes mesures de préventions insuffisantes dans le papripact.

Par ailleurs, ce document ne laisse pas ou trop peu de place à la prévention primaire au profit de la prévention secondaire ou tertiaire.
Les conditions de travail, l’exposition aux risques psychosociaux, la charge mentale, les contraintes organisationnelles et les impacts sur la santé ne sont pas vécus de manière identique selon le sexe.

Pour la CGT et tel que le précise le code du travail, il est indispensable que l’évaluation des risques professionnels prenne en compte les spécificités des parcours et des situations de travail des femmes avec un DUERP genré.

Concernant la prévention, elle devrait consister à supprimer le risque.

Or, vous ne proposez des mesures qu’a posteriori, souvent sur des risques que vous avez vous-même générés en prenant des décisions unilatérales, ce qui rend le travail pathogène.
Nous vous invitons à vous replonger dans le rapport Sextant IC-CHSCT du 20septembre 2018, notamment sur les valeurs essentielles de la prévention : la personne, la transparence et le dialogue social.

Que dire de vos mesures d’impact ?

Elles ne sont pas réalisées dans les règles de l’art comme l’indique ALTEO dans son rapport de janvier 2025 concernant la fermeture de Cariou et Montrouge : tous les risques auxquels les salariés sont exposés n’ont pas été identifiés.

Vos mesures d’impact sont donc incomplètes et déconnectées du vécu et du travail réel des salariés puisqu’elles reposent sur une vision prescrite du travail et sans diagnostic organisationnel, comme l’indique également JDS expert dans son rapport d’avril 2026.
Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut rien voir !

Concernant les effectifs, la réalité vécue par les salariés est bien éloignée des discours officiels.

Devant vos difficultés à recruter et à conserver les salariés, les effectifs diminuent sur des métiers essentiels, pendant que l’activité et les objectifs continuent d’augmenter.
Dans le même temps, vous précarisez l’emploi avec un intérim qui explose.
La moitié des salariés CDI expérimentés sont des séniors sur-sollicités et exposés à une fatigue chronique. Un grand nombre de ces séniors partent prochainement en retraite : comment va s’opérer la transmission du savoir ?
La GEPP n’est pas adaptée à la situation.

Concernant le temps partiel, le constat reste le même année après année : il diminue. La volonté de l’employeur n’est pas de s’adapter et d’accompagner ses salariés dans leur souhait de travail à temps partiel, notamment les cadres. D’ailleurs, la Macif n’a toujours pas développé d’outil de recensement des demandes, tout en indiquant dans son bilan social, un nombre officiel decelles-ci.

Aujourd’hui, il est attendu d’un salarié à temps partiel qu’il fournisse un travail identique à un temps plein. Ce n’est pas acceptable.

Réduire le temps de travail sans réduire la charge, c’est institutionnaliser l’épuisement.

Concernant, l’égalité professionnelle, nous entendons toujours les mêmes justifications : héritage historique, vivier insuffisant, représentations culturelles.

Les données présentées interrogent d’autant plus qu’elles concernent une entreprise dont une grande partie des effectifs est féminine, alors même que les postes de direction et de gouvernance demeurent, très majoritairement, occupés par des hommes.
Cette réalité nourrit un sentiment d’injustice croissant : ce sont encore leshommes qui concentrent les évolutions de carrière et les niveaux de rémunération les plus élevés.

Dans ce contexte, les écarts salariaux observés, même lorsqu’ils sont présentés comme ‘modérés’, ne peuvent être banalisés. Ils traduisent des déséquilibres structurels qui appellent des réponses concrètes, transparentes et immédiates.”

Concernant le handicap, oui, certains indicateurs progressent, et tant mieux. Mais quand l’essentiel de cette progression repose sur des reconnaissances internes et non sur le recrutement, cela pose question, d’autant plus lorsque ces salariés ne sont pas accompagnés et ne bénéficient pas de mesures renforcées.

Pour la CGT, tous ces éléments racontent une même histoire : celle d’une entreprise bien loin de l’économie sociale et solidaire que lui confère son statut.

Les collègues ne sont pas des variables d’ajustement. Leur santé n’est pas une ligne statistique.
Parce qu’une entreprise mutualiste ne peut pas demander toujours plus d’efforts aux salariés qui produisent la richesse, tout en multipliant les évènements de prestige pour quelques-uns.
Les salariés demandent le respect qui leur est dû, cela passe surtout par une amélioration de leurs conditions de travail et une reconnaissance de leur engagement.

Il est temps que l’employeur revoit ses priorités.
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