DROITS SYNDICAUX : LA DIRECTION DÉROULE LES COUPES

Le 2 juillet dernier, la Direction de la Macif a dénoncé les accords qui organisent le fonctionnement des CSE et les droits syndicaux dans l’entreprise

Depuis, les négociations ont commencé. Et après les premières réunions, le sens des propositions présentées ne laisse guère de doute : les moyens accordés aux représentants du personnel et aux organisations syndicales sont fortement revus à la baisse.

Crédits d’heures réduits, dispositifs supprimés ou remis en cause, moyens de fonctionnement diminués… Et nous n’avons pas encore vu l’ensemble du projet de la Direction.

20 000 heures aujourd’hui. Zéro demain.

La dernière réunion de négociation a notamment permis de confirmer un point particulièrement révélateur.

Les organisations syndicales représentatives disposent aujourd’hui collectivement d’une enveloppe de 20 000 heures par an pour exercer leurs missions.

La proposition de la Direction ? La supprimer.

Nous passerions donc de 20 000 heures par an à zéro.

La CGT l’a dit très clairement autour de la table :

« Entre 20 000 heures et rien, ce n’est pas une négociation. »

Et ce n’est pas un cas isolé. Les premières propositions présentées jusqu’ici suivent la même orientation : moins de moyens.

Toutes les propositions ne sont d’ailleurs pas encore connues. La Direction doit encore présenter plusieurs éléments concernant notamment les moyens au niveau des établissements.

Ces heures ne sont pas des privilèges

 

Il faut rappeler à quoi servent réellement les moyens syndicaux.

Ils permettent aux représentants d’aller à la rencontre des salariés, de se déplacer sur les sites, de les accompagner lorsqu’ils rencontrent des difficultés, de préparer les réunions et les négociations, d’analyser les dossiers, d’intervenir sur les conditions de travail, d’alerter lorsqu’une situation se dégrade et de contester les décisions de l’entreprise lorsque cela est nécessaire.

C’est tout simplement le rôle d’un syndicat : défendre les intérêts individuels et collectifs des salariés. C’est d’ailleurs la fonction même reconnue aux organisations syndicales.

Réduire les moyens syndicaux n’est donc pas une simple opération technique destinée à rendre le fonctionnement des instances plus « efficient ».

Moins de moyens syndicaux, c’est moins de temps disponible pour représenter et défendre les salariés.

Et pendant ce temps, on nous parle de « valoriser les parcours syndicaux »Le paradoxe devient assez saisissant.

La Direction ouvre parallèlement une négociation consacrée à la « valorisation des parcours syndicaux » : accompagnement des mandatés, formation, reconnaissance des compétences acquises pendant les mandats, employabilité, préparation de la suite du parcours professionnel.

Sur le principe, reconnaître les compétences acquises dans l’exercice d’un mandat est évidemment nécessaire.

Mais encore faudrait-il commencer par donner aux représentants des salariés les moyens d’exercer correctement ce mandat.

On ne peut pas, d’un côté, expliquer vouloir « valoriser » l’engagement syndical et, de l’autre, réduire drastiquement les moyens qui permettent cet engagement.

Valoriser les mandats tout en réduisant les moyens de les exercer : il faudra nous expliquer la logique.

La CGT ne laissera pas démanteler les droits existants sans réagir

Ces droits ne sont pas tombés du ciel. Ils sont le résultat d’accords négociés et de droits construits au fil des années.

Et le contexte rend ces choix encore plus contestables.

La Macif connaît des transformations importantes : évolution des métiers et des organisations, réorganisations, développement de l’intelligence artificielle et de nouveaux outils, changements dans les façons de travailler.

C’est précisément dans ces périodes que les salariés ont besoin de représentants présents sur le terrain, capables de les accompagner, d’alerter et, lorsque cela est nécessaire, de créer le rapport de force permettant de défendre leurs intérêts.

La CGT Macif continuera donc à demander des comptes sur chaque suppression ou réduction proposée :

Quelle mission a disparu ? Si elle n’a pas disparu, qui va l’exercer demain ? Avec quel temps et quels moyens ?

La négociation est loin d’être terminée.

Mais une chose est déjà claire : la CGT Macif n’acceptera pas que la dénonciation des accords serve à organiser le démantèlement des moyens permettant aux salariés d’être représentés et défendus.

Nous continuerons à vous informer, réunion après réunion, sur les propositions réellement mises sur la table.

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